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Saturday, June 30, 2018




photo : Maxime Boisvert

EN COURS_jusqu'au 19 août 2018_Until August 19th, 2018

Commissariat d'une exposition solo de Joshua Schwebel, A DREAM IN WHICH I AM YOU,Quartier Éphémère / Fonderie Darling, Montréal, 21 juin - 19 août 2018.
http://fonderiedarling.org/PERFORMANCE-Une-lettre-cautionnant-cette-exposition-/-Une-lettre-condamnant-cette-exposition.html
[English follows]

« La mémoire, pour lui, était un matériau vivant, non un ‘devoir’, et encore moins un objet pétrifié, fétichisé. »1

Dans la petite galerie de la Fonderie Darling, Joshua Schwebel propose une exposition conçue à partir d’une résidence de recherche qu’il a effectuée en 2015 à la Fondation du dramaturge polonais Tadeusz Kantor à Cracovie. Par le biais d’installations et d’un roman d’artiste, Schwebel intègre des références aux préoccupations conceptuelles et thématiques de Kantor pour interroger les enjeux de la transmission de la mémoire, des croisements narratifs, du déplacement, de la dislocation, de l’absence, de l’expérience et de la subjectivité.
Peintre, dramaturge, scénographe, metteur en scène et auteur polonais inclassable, Tadeusz Kantor (1915-1990) est l’une des figures majeures du théâtre au 20siècle. Pendant son séjour dans la maison de campagne de Kantor, Schwebel a effectué une série de gestes dissimulés et d’actions destinées à un public limité en s'inspirant du concept d’emballage, une forme artistique développée par Kantor afin de conserver, isoler et préserver la mémoire d’un traumatisme continu. L'artiste a ainsi caché un arrangement de fleurs séchées dans le grenier, un échantillon de poussière extrait du plancher de bois dans la chambre à coucher, des feuilles d’or à l’intérieur de la poche d’un pantalon de Kantor suspendu dans une penderie, etc. L’exposition à la Fonderie Darling restitue ce passage dans l’intimité de Kantor à travers une constellation de gestes symboliques qui font écho à la pratique du dramaturge, mais aussi au vocabulaire esthétique de l’artiste Benny Nemerofsky Ramsay qui devait à l'origine accompagner Schwebel à la résidence en Pologne en tant que collaborateur. Lorsque Nemerofsky s’est de lui-même désisté de la résidence, Schwebel s’est approprié son absence pour en faire un emballage qui exprime et contient l'absence de Kantor. Kantor devient ainsi une figure emblématique de notions liées à la transmission de la mémoire : l’idée de l’héritage de Kantor implique une perte et ce qui remplace ou véhicule cette perte constitue le véritable sujet du projet de Schwebel.
L'artiste aménage la galerie comme un espace scénique dédié à la présentation des traces de ses interventions et de son expérience personnelle, tout en établissant un jeu subtil de relations entre les objets qui renvoient à son histoire personnelle en Pologne et ceux qui évoquent la mémoire collective de Kantor. Loin d’un transfert littéral, l'artiste reconstitue de mémoire des fragments de la maison, crée des constructions éphémères en papier mâché, regroupe des photographies, des livres, des documents, ainsi qu’un échange épistolaire avec Nemerofsky. Ces objets s’entrelacent à des fils narratifs qui font partie d’un processus ancré dans l’expérience de Schwebel dans la maison de Kantor et à Cracrovie. À l’image de Kantor, Schwebel pratique un art informel, non figé, en constante recherche, dépourvu de hiérarchie entre les médiums et les objets, relevant d’une esthétique arte povera.
Esther Bourdages


Scarpetta, Guy, Kantor au présent, Arles, Actes Sud, 2000, p. 11.


As a curator, solo exhibition, Joshua Schwebel, A DREAM IN WHICH I AM YOU,Quartier Éphémère / Fonderie Darling, Montreal, June 21 - August 19, 2018.
http://fonderiedarling.org/en/PERFORMANCE-Une-lettre-cautionnant-cette-exposition-/-Une-lettre-condamnant-cette-exposition.html
“Memory, for him, was a living material, not a ‘duty,’ and even less a petrified, fetishized object.”1


Joshua Schwebel’s exhibition in the Darling Foundry’s small gallery was conceived during a research residency that he undertook in 2015 at the Tadeusz Kantor Foundation in Krakow. Through installations and an artist’s novel, Schwebel explores, by way of embedded references to Kantor’s conceptual and thematic preoccupations, the issues involved in the transmission of memory, narrative intersections, displacement, dislocation, absence, experience, and subjectivity.

Tadeusz Kantor (1915-1990), whose work evades classification, was a Polish painter, playwright, set designer, director, and author, and one of the major theatre artists of the twentieth century. During his stay in Kantor’s country house, Schwebel performed a series of hidden gestures and actions for small audiences, inspired by the concept of emballage, an artform developed by Kantor to keep, isolate, and preserve the memory of a continuing trauma. Schwebel arranged dried flowers in the attic, extracted the dust from between the floorboards in the bedroom, lined the pockets of a pair of pants in gold fabric, which he hung in a wardrobe in the bedroom, and more. The exhibition in the Darling Foundry reconstructs Schwebel’s stay in Kantor’s intimate space through a constellation of symbolic gestures that echo both Kantor’s practice and the aesthetic vocabulary of Benny Nemerofsky Ramsay, the artist who initially accompanied Schwebel as a collaborator on the residency in Poland. Upon Nemerofsky’s autonomous withdrawal from the residency, Schwebel appropriated his absence, transforming it into an emballage that expresses and contains Kantor’s absence. Kantor thus becomes a figure emblematic of notions linked to transmission of memory: the idea of Kantor’s heritage implies a loss, and that which replaces or conveys this loss is the true subject of Schwebel’s project.

Schwebel arranges the gallery as a stage set for the presentation of the traces of his interventions and his personal experience, and at the same time he establishes subtle relations between the objects that refer to his personal history in Poland, and those evoking the collective memory of Kantor. Far from creating a literal transfer, the artist reconstructs fragments of the house from memory, creates ephemeral structures out of papier mâché, and groups together photographs, books, documents, and an epistolary exchange with Nemerofsky. These objects are intertwined with narrative paths that are part of a process anchored in Schwebel’s experience in Kantor’s house and in Krakow. Like Kantor, Schwebel practises an informal, mobilized art, in a constant search, with no hierarchy among media and objects, falling within an arte povera aesthetic.

Esther Bourdages


Guy Scarpetta, Kantor au présent (Arles: Actes Sud, 2000), 11 (our translation). 

REVUE DE PRESSE / PRESS REVIEW
Amber Bergson, Joshua Schwebel, Canadian Art, August 16, 2018.
https://canadianart.ca/reviews/joshua-schwebel/

Jérôme Delgado, Quelque part autour d'un volcan, Le Devoir,  7 juillet 2018.
https://www.ledevoir.com/culture/arts-visuels/531813/critique-quelque-part-autour-d-un-volcan
 

Tuesday, July 4, 2017

Micro silence 

une orchestration plastique

6 - 29 juillet 2017 
Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine
35 bis rue de la Bibliothèque 13001 Marseille
http://micro-silence.org
http://perte-de-signal.org/micro-silence-galerie-des-grands-bains-douches-marseille-fr/

Patrice Caillet, Adam David et Matthieu Saladin sur une proposition
d’Elena Biserna
Myriam Bessette et Robin Dupuis
Dominique Blais
Esther Bourdages
Lucien Gaudion
Jean-Baptiste Imbert
Alice Jarry et Vincent Evrard
Claudette Lemay
Oussama Tabti


Se jouant d’un monde moderne où la profusion de bruit est produite par le développement technologique, micro silence propose d’imaginer un paysage d’où sont écartés la saturation et le remplissage ambiant.

A partir des spécificités acoustiques de la Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine, des installations sont orchestrées entre elles, comme dans une composition musicale. La matière familière du monde enregistrée, traitée, amplifiée et épurée, s’incarne dans l’espace. De subtiles nuances et pulsations créent un microcosmos vibrant, composé de reliefs et de résonances.

                                                                                   Sur une proposition de Constance Meffre

                                                       “You cannot step twice into the same river; for fresh waters are ever flowing in upon you.”
                                                          Bertrand Russell

Au delà de l’a priori que le silence fait référence à l’absence de sons, micro silence invite à vivre un moment suspendu au sein d’une ambiance remplie de murmures, réel flot continu de bourdonnements et de bruissements composés de petits sons amplifiés dans l’espace. Le site de la Galerie des Grands Bains Douches donne le ton : cette architecture singulière, au volume et parois poreuses, fait office de caisse de résonance, grand instrument de musique qui provoque la circulation aléatoire de masses sonores selon une mouvance organique. Une telle rumeur indéterminée habite la galerie et sollicite à pratiquer une écoute active et attentive, à concevoir le silence comme de la musique. Les délicates sonorités produites par les oeuvres sont appréciées pour leur qualité esthétique et acoustique; tandis que certaines pointent spécifiquement une dimension politique, d’autres transforment des informations. À cela, sont conjuguées des créations silencieuses suggérant le son, tandis qu’un corpus s’intéresse à la phonographie en capturant et remixant le silence. Le visiteur qui déambule à travers micro silence est amené à s’engager dans un processus, similaire à une marche sonore, afin d’appréhender le silence, le questionner, l’expérimenter et le ressentir.             
                                                                                                                           Esther Bourdages


Alice Jarry & Vincent Evrard, LIGHTHOUSES, 2015



Friday, September 23, 2016

En développement, In process...

Préparation d'un enregistrement en studio solo et avec le saxophoniste Erik Hove en vue d'un album sur contour edition, NY, EU. Preparation of a studio recording, solo and with saxophonist Erik Hove in view of a release on contour edition, NY. USA.

Confirmé, Confirmed

Commissariat d'une exposition solo de Joshua Schwebel, A DREAM IN WHICH I AM YOU,
Quartier Éphémère / Fonderie Darling, Montréal, 21 juin - 19 août 2018.


À Marseille, auteure-commissaire invitée, art numérique et art sonore, collaboration avec Perte de Signal (Montréal), Diffusing Digital Art et Art-cade (Marseille), juin-juillet 2017. 
http://perte-de-signal.org/esther-bourdages-en-residence-a-marseille-dans-le-cadre-de-micro-silence/

http://micro-silence.org/?utm_content=bufferba936&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer#residence

Segment radiophonique réalisé et produit en parallèle à radio Grenouille

At Marseille, guest writer-curator, digital and sound art, collaboration with Perte de Signal (Montreal), Diffusing Digital Art and Art-cade (Marseille), June-July 2017.

En processus, On going

Un talk au sujet du commissariat d'art sonore, donné lors de Mutek 2015 et à Eastern Bloc pendant une soirée du Soundlab.

A talk about Curating Sound Art since 2015, given a first version at Mutek in 2015 and Eastern Bloc during a Soundlab Open evening.


Publications récentes, Last publications

Sepake Angiama en résidence à Montréal, Écouter sa voix (Fr)
Goethe-Institut de Montréal, Uberblog, janvier 2018.
https://www.goethe.de/ins/ca/fr/kul/act/ube/21157050.html

Interview with Navid Navad, Aquaphoneia, conducted in 2016. (Eng)
Sounding Out! January 2018

Écouter-percevoir l'espace du son (Fr)
Goethe-Institut de Montréal, Uberblog, septembre 2017.
https://www.goethe.de/ins/ca/en/kul/sup/ube/21077868.html 

« commons lab » de Cornelia Sollfrank au Studio XX, Le partage vivant (Org, Fr)
Goethe-Institut de Montréal, Magazine, Culture, avril, April 2017.
https://www.goethe.de/ins/ca/fr/kul/mag/20975151.html

  Cornelia Sollfrank's "commons lab" at Studio XX Sharing, the Lively Way (Eng)
  https://www.goethe.de/ins/ca/en/kul/mag/20975151.html

Les jardins de l'enchantement, Goethe-Institut de Montréal, Uberblog, mars 2017 (Fr)
https://www.goethe.de/ins/ca/en/kul/sup/ube/20939996.html

Auto-Matter, un survol de AUTOMATA : L'art fait par les machines pour les machines, ETC MEDIA, Montréal, no 109, octobre-décembre, 2016.
https://www.erudit.org/culture/etcmedia01491/etcmedia02758/83893ac.html?vue=resume&mode=restriction

Déesses de l’électricité DIY, entretien avec les artistes de l’audio Stephanie Castonguay et
Émilie Mouchous, no 18.3, Econtact!, 2016.
http://econtact.ca/18_3/bourdages_deessesDIY.html


Vanitas Machine and the Long, texte sur le travail de Verena Friedrich, commande de Perte de Signal, 2015
http://heavythinking.org/vanitas-machine-and-the-long-now-fr/


Translated from French by Oana Avasilichioaei
http://heavythinking.org/vanitas-machine-and-the-long-now/


Publication à venir,  upcoming




Thursday, August 25, 2016

24-28 août 2016_Au festival Les Percéides, Percé, Québec

Août 2016 et 2017, j'ai eu la chance d'animer les tables-rondes au festival LES PERCÉIDES dans le cadre de la Grande rencontre des arts médiatiques en Gaspésie


Note de programme. Le public est convié à venir activement prendre part à une discussion, avec tous les artistes présents à la Grande rencontre des arts médiatiques en Gaspésie, qui explore la thématique de cette année : l’expérience sensitive. Il s’agit de s’interroger sur la portée de l’audiovisuel et sur sa capacité à faire vivre une expérience dépassant les sens qu’il convoque de prime abord : l’ouïe et la vue.  C’est ainsi une invitation à découvrir les différents univers créatifs des artistes qui articulent diverses langages médiatiques.

http://perceides.ca/films2016/cine-rencontre-le-film-comme-experience/


Après le programme de cinéma expérimental : 
Esther Bourdages, Leslie Supnet, Clint Enns, Guillaume Vallée
c Sarah Seené

Tuesday, March 22, 2016




 










/// ENGLISH FOLLOWS

Le 3 mars 2016, Eastern Bloc accueille la série “Un microphone dans une tempête de noize”, fondée par Esther Bourdages en 2012. Ouvert à l’incongru, ce rendez-vous sonore entrelace les musiques improvisées, expérimentales, et toutes nouvelles formes musicales puissantes en couleurs et en textures. Eastern Bloc tient à remercier la Délégation Wallonie-Bruxelles du Québec pour le soutien apporté à la présence de Yannick Franck.

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March, 3, 2016, Eastern Bloc is hosting the series “A microphone in a storm of noize”, founded by Esther Bourdages in 2012. Open to the incongruous, this sonic meeting intertwines improvised music, experimental, and the all powerful new musical forms, rich in colors and textures. Eastern Bloc wishes to thank the Wallonia-Brussels Delegation of Quebec for their support to the presence of Yannick Franck.
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YANNICK FRANK
https://soundcloud.com/yannickfranck

MARK LOWE
https://soundcloud.com/lowebrau

ÉMILIE MOUCHOUS
https://soundcloud.com/gmackrr


Monday, May 11, 2015


Le 1er mai, nous avons lancé le numéro #31 - Musique et politique de la revue .dpi. Merci encore à tous les auteurs, artistes impliqués, comité éditorial et à la chouette équipe du Studio XX. Bonne lecture! http://dpi.studioxx.org/fr/no/31-musique-et-politique

May 1st, we launched #31 of .dpi Journal, Music and Politics! Thanks a lot to all writers, artists involved, editorial commitee, and to the great team to Studio XX.
I wish you a good reading http://dpi.studioxx.org/en


Auteurs/writers: Megan Mericle, Joseph Sannicandro, Deanna Radford, Julie Alary Lavallée, Arman Koushyar
Artistes/artists: Ultra Red, Olivia Block, Marites Carino

 .dpi is a feminist journal of art and digital culture. Based in Montreal and published online, .dpi offers a unique and bilingual space for dialogue and interdisciplinary critical reflection, research, experimentation, and documentation. .dpi is a space where many voices situated at the intersection of art, technology and feminisms can be heard. - See more at: http://dpi.studioxx.org

Friday, November 28, 2014

Dans le cadre des Sessions organisées par le centre Dazibao, je prépare une communication qui traitera des partitions graphiques et des relations qu'elles entretiennent entre les champs du sonore et du visuel.

en janvier 2015.
http://dazibao-photo.org/fr/upcoming/session-8-esther-bourdages-fr

Luciano Ori, Fantasia Chromatica, technique mixte (1986) (détail)